Jacqueline RIVIER-MAY, directrice du CIO Olympique et chargÈe de mission acadÈmique ý líÈgalitÈ des chances entre les filles et les garÁons. Elle est intervenue sur le thËme "Filles et sciences" ý la suite des travaux de la Commission Potentiel Humain sur l'ÈgalitÈ, la mixitÈ et l'orientation.
Pouvez-vous nous donner quelques chiffres illustrant la dÈsaffection des filles pour les Ètudes scientifiques et technologiques? Plus on avance dans le parcours scolaire des jeunes, plus les divisions dans leur orientation sont sensibles. En seconde professionnelle, les filles sont trËs minoritaires dans les filiËres du secteur de la production (10,7 % des effectifs scolarisÈs) alors quíelles sont majoritaires dans le secteur des services (68,8 %). En premiËre S-SVT (scientifique - sciences et vie de la terre) cependant, elles sont quasi ý paritÈ avec les garÁons. Par contre, elles sont trËs peu prÈsentes en STI (industriel) mais majoritaires dans les filiËres STG (tertiaire), et les garÁons sont minoritaires en STT (tertiaire). Sur líagglomÈration, ce phÈnomËne est flagrant quand on compare le lycÈe Louise Michel et le lycÈe Vaucanson (un lycÈe de filles et un lycÈe de garÁons). AprËs le bac, on retrouve les garÁons ý líuniversitÈ plutÙt en maths, physique, informatique et les filles en SVT, chimie, mÈdecine et pharmacologie. A líINPG, elles reprÈsentent moins de 25 % des effectifs globaux. Enfin dans la vie active, en RhÙne-Alpes, elles reprÈsentent ý peine 1/5 de la population des ingÈnieurs et tout juste 25,6 % des enseignants-chercheurs de líuniversitÈ Joseph Fourier. Comment peut-on expliquer ce phÈnomËne ? LíagrÈgation de sciences naturelles níest devenue mixte quíen 1931. Ce níest que 40 ans plus tard que síopËre la fusion des agrÈgations de sciences physiques et de mathÈmatiques avec un classement unique sur des Èpreuves identiques. Au final, il níy a quíun peu plus de 30 ans que les filles se mesurent aux garÁons. On pense que les jeunes ´ instrumentaliseraient ª leurs choix díorientation pour affirmer leur identitÈ sexuelle. Leur maniËre díÍtre dÈpend encore de leur genre. Par leur choix, ils rÈpondent aux prescriptions sociales. LíÈcole fait partie intÈgrante de la sociÈtÈ et níest ni plus ni moins sexiste que cette derniËre. De nombreuses Ètudes en sciences de líÈducation montrent que les enseignants hommes et femmes ne sollicitent pas de la mÍme maniËre les filles et les garÁons et níont pas les mÍmes attentes ý leur Ègard. Ils considËrent encore que certaines disciplines sont masculines ou fÈminines. En classe de science les garÁons sont sollicitÈs 2 fois plus que les filles. Voilý quelques hypothËses. Elles sont naturellement ý nuancer et ý resituer dans leur contexte. D'autres existent. Quelles actions menez-vous pour tenter de pallier cette dÈsaffection ? Des actions Èducatives qui ´ bousculent ª les reprÈsentations et des actions díinformation et de sensibilisation. Líoutil multi-media (film, cd-rom et livret pÈdagogique) ´ Vies croisÈes ª de la Dronisep de Grenoble amËne les jeunes ý Ítre acteurs de líÈgalitÈ fille-garÁon et ý mieux cerner la complexitÈ des facteurs qui gÈnËrent encore aujourdíhui de líinÈgalitÈ dans les sphËres professionnelles et privÈes. |